cot:bee:maladie
Table des matières
Les Maladies
Agents Pathogènes
Les virus
- CPV ou CBPV, Chronic Bee Paralysis Virus, virus de la paralysie chronique
- SBV, Sacbrood Virus, virus du couvain sacciforme
- ABPV, Acute Bee Paralysis Virus, virus de la paralysie aigüe
- DWB, Deformed Wings Virus, virus des ailes déformées
- BQCV, Black Queen Cell Virus, virus de la cellule royale noire
- KBV, Kashmir Bee Virus, virus du Cachemir
- parasites (protozoaires, champignons, acariens et insectes
Les bactéries
- - la bactérie est un être vivant unicellulaire, à structure très simple, à noyau diffus (sans membrane), généralement sans chlorophylle et se reproduisant par scissiparitése3) divise toute les 20 minutes et arrêtent les cycle quand les conditions deviennent favorables
- Paenibacillus larvae (loque américaine)
- Melissococcus Pluton (loque européenne)
- Pseudomonas apiseptica (septicémie)
Les protozoaires
- Malpighamoeba mellificae6)
Les champignons
- - sont hétérotrophes7)) donc se nourrit de substances organiques
- Nosema apis (microsporidie) provoque la dysenterie de l’abeille
- Ascosphera apis (couvain plâtré, ou calcifié)
- Aspergillus flavus (couvain pétrifié)
Les acariens
- - arthropodes de très petite taille, de l'ordre de quelques mm et ilsforment un ordre de la classe des arachnides
- Acarapis woodi (acariose des trachées)
- Varroa destructor (varroase)
- Tropilaelaps
Les insectes
- - sont des invertébrés dont le corps est divisé en 3 segments, la tête, le thorax (portant 3 paires de pattes), et l'abdomen
- Galleria mellonella (fausse teigne)
- Achorea grisella (fausse teigne)
- Aethina tumida (petit coléoptère de la ruche)
Causes favorisantes
- le climat (température, humidité, vent, …)
- les carences alimentaire (absence de pollen, de miellée)
- les intoxications (pesticides, mauvais traitement médicamenteux)
- l'affaiblissement par d’autres virus, des parasites
Facteurs favorisants la propagation des maladies
- Dérive des abeilles, notamment les mâles
- Pillage
- Utilisation de matériel contaminé lors de la visite des ruches
- Echange de cadres lors de la formation de ruchettes
- Echange de cadres après extraction
- Nourissement avec du miel, du pollen contaminé
- Transhumance
Mécanismes naturels d’autodéfense contre les agents pathogènes
- Anatomie
- imperméabilité de la cuticule
- couche protectrice du système digestif
- Physiologie
- protéines antibactériennes dans l’hémolymphe
- cellules de défenses sanguines
- capacité de cicatrisation
- modifications importantes en fonction de l’âge de l’abeille
- différences entre les sexes et les castes
- renouvellement rapide des générations
- Comportement
- activité de nettoyage
- essaimage
- Autre
- effets antibactérien des produits de la ruche
- le miel, le pain d'abeille limite le développement des agents pathogènes
- la propolis est un antibactérien
Agents pathogènes et maladies associées
- la nosémose
- le couvain plâtré
- la varroase (retirée de la liste des maladies à déclaration obligatoire le 21 mars 2014)
- l'acariose (déclaration obligatoire)
- la loque américaine (déclaration obligatoire)
- la loque européenne (déclaration obligatoire)
- le petit coléoptère des ruches ( Aethina tumida) (déclaration obligatoire)
- l'acarien Tropilaelaps (déclaration obligatoire)
Virus
- CPV ou CBPV, Chronic Bee Paralysis Virus, virus de la paralysie chronique ou Maladie Noire ou mal des forêts
- Celui-ci peut exister à l’état latent, ou provoquer la maladie avec des symptômes plus ou moins prononcés. Les symptômes ne sont pas toujours spécifiques, si bien que la seule façon d’identifier la maladie est l’analyse de laboratoire.
- Symptômes
- abeilles tremblantes, incapables de voler, rampantes sur les tiges des herbes ou entassées à l’intérieur de la ruche
- abeilles jetées en dehors de la ruche, repoussées par les gardiennes
- tremblement des ailes, ailes étendues
- abdomen gonflé, avec de la dysenterie
- odeur désagréable dans la ruche
- abeilles noires, avec un aspect noir et brillant, perte des poils
- abeilles mortes devant la ruche
- Apparition
- maladie qui apparaît au printemps et en été
- Propagation
- ce virus se transmet par le miellat, les fèces souillées ou encore le matériel apicole
- Prévention
- suppression des réserves de miellat pour l’hivernag
- sélection de lignées plus résistantes et qui possèdent un bon caractère de nettoyage
- éviter la surpopulation principalement en période de mauvais temps ou lors de la transhumance (voyage pas trop long, bonne aération, place suffisante dans la ruche
- traiter contre les varroas qui affaiblissent les colonies et perforent la cuticule
- Lutte
- changer la reine
- déplacer la ruchettes
- éliminer la colonie si la maladie persiste
- SBV, Sacbrood Virus, virus du couvain sacciforme
- Symptômes
- couvain en mosaïque, clairsemé, avec opercules affaissés et déchirés
- larves mortes de couleur jaunâtres puis brunes puis noires
- les larves fraîchement mortes sont entourées d’une fine membrane et elles baignent dans un liquide clair. Le sac est aisément détachable, la paroi du sac est très fragile
- les larves mortes depuis plus longtemps sont toujours entourées d’une membrane mais sont desséchées. Le sac est aisément détachable.
- Infection et multiplication
- les ouvrières se contaminent lors du nettoyage des cellules infectées. Après contamination des pièces buccales, le virus se retrouve dans les glandes hypopharyngiennes où il se multiplie. Les nourrices propagent le virus aux jeunes larves par la gelée royale. Les larves de moins de 2 jours contractent très facilement la maladie et meurent à l’état de prénymphe. Le virus traverse la paroi intestinale et se multiplie dans le corps de la larve. Les larves de plus de 2 jours sont moins sensibles et parviennent à l’état adulte. Les abeilles adultes contaminées se nourrissent moins bien, diminuent leurs activités et ont une durée de vie raccourcie.
- Propagation
- dérive, pillage, réunion de colonies, introduction de cadres infectés
- le Varroa pourrait également transmettre le virus.
- Dégâts
- dépérissement de la colonie
- guérisons spontanées fréquentes
- Fréquence
- le virus est relativement fréquent, mais les symptômes apparaissent rarement
- Prévention
- hygiène
- sélection de lignées d’abeilles possédant un comportement hygiénique
- colonies fortes
- traiter régulièrement contre les varroas
- Lutte
- éliminer les cadres contaminés
- essaims artificiels
- remplacer la reine
- éliminer les colonies faibles et malades.
- la maladie peut disparaître spontanément pendant la miellée
- ABPV, Acute Bee Paralysis Virus, virus de la paralysie aigüe
- Atteinte des abeilles adultes et du couvain.
Le virus est transmis par les nourrices ou est inoculé par Varroa qui l’injecte dans l’hémolymphe.
La présence de varroa n’est pas indispensable à la transmission de la maladie, toutefois le varroa peut activer de manière directe ou indirecte la réplication du virus. - Symptômes
- les symptômes sont proches de ceux de la paralysie chronique
- on peut également confondre cette maladie avec l’acariose, la loque américaine, le couvain sacciforme, la loque européenne et les intoxications.
- couvain mosaïque
- larves mortes dans du couvain ouvert, parfois larves filantes (test de l’allumette) mais à la différence de la loque Américaine, l’abeille adulte est atteinte
- abeilles traînantes, les ailes écartées et meurent en 4 jours
- affaiblissement de la colonie
- Prévention
- traiter contre varroa le plus tôt possible
- DWB, Deformed Wings Virus, virus des ailes déformées
- Symptômes
- les abeilles émergent avec les ailes malformées et ces abeilles sont exclues de la colonie et se retrouvent sur la planche d’envol
- couvain irrégulier
- affaiblissement associé à varroa
- Apparition
- le virus existe sous forme latente dans la colonie
- la maladie apparait parallèlement à l’intensité de l’infestation par les varroas.
- Infection et propagation
- le virus se multiplie dans les cellules de l’hémolymphe.
- il est transmis par les piqûres des varroas.
- les quantités de virus trouvées dans les varroas sont plus importantes que celles des hôtes qu’ils parasitent.
- Prévention
- traiter le plus rapidement contre les varroas.
- Traitement
- néant
- BQCV, Black Queen Cell Virus, virus de la cellule royale noire.
- Symptômes
- mortalité des larves de reine et des ouvrières adultes
- les cellules royales deviennent noires
- souvent associé à noséma apis
- pas de symptômes typiques
- Propagation
- Nosema apis interviendrait dans la dissémination du virus
- Fréquence
- pics de contamination au mois d’août
- KBV, Kashmir Bee Virus, virus du Cachemir
- Symptômes
- mortalité rapide sans symptômes
- Fréquence
- la maladie est présente aux Etats-Unis, mais pas encore en France et en Belgique
Bactéries
- Paenibacillus (loque américaine) (Maladie à déclaration obligatoire ! )
- Agent pathogène
- La loque américaine est une maladie des abeilles causée par la bactérie Paenibacillus larvae (bacille de 2 à 5 µm). Cette bactérie peut sporuler. Les spores sont très résistantes, elles résistent à la chaleur, à la dessiccation, aux antibiotiques. Les spores peuvent rester contagieuses pendant plusieurs dizaines d’années.
- Symptômes
- La loque américaine est une maladie du couvain operculé. Les symptômes suivants peuvent faire suspecter la loque américaine:
- couvain clairsemé, irrégulier, en mosaïque, composé de cellules fermées, de cellules ouvertes et de cellules contenant des restes de larves atteintes
- opercules affaissés, d'allure “moite”, de couleur sombre présentant des perforations
- larves mortes, de couleur foncé, transformées en une masse visqueuse et filante
- odeur de colle de colle de poisson (ammoniacale)
- le contenu des cellules atteintes est filandreux et de consistance visqueuse (test de l'allumette)
- écailles difficilement détachables, de brun noir, collées à la face inférieure des cellules
- Apparition
- les bactéries se développent durant la période de production du couvain. La maladie apparaît principalement au printemps et en été.
- Infection et multiplication
- les jeunes larves ingèrent les spores avec la nourriture. La nourriture est soit contaminée par des nourrices porteuses de la bactérie, soit par des spores restées sur les parois d’une cellule contaminée. Les spores germent au niveau de l’intestin et se transforment en bâtonnets, traversent la paroi intestinale et parviennent dans l’hémolymphe et les organes internes où elles se multiplient et finissent par détruire la larve. Les larves de un à deux jours sont les plus sensibles à cette maladie. Les larves plus âgées ne sont atteintes que si la pression infectieuse est assez élevée. Les abeilles adultes sont résistantes mais transmettent l'agent pathogène. Celui-ci peut rester dans le tube digestif de l’abeille pendant plus de 2 mois.
- Propagation
- la transmission de la loque se fait par :
- le nourrissage avec du miel ou du pollen contaminé (pain d'abeille)
- les abeilles (colonies, nucléi, essaims…)
- l’utilisation de matériel contaminé (lève-cadre, gants, cadres, ruches…)
- l'utilisation de cire contaminée (même fondue)
- le pillage, la dérive, les abreuvoirs infectés
- Dégâts
- la loque américaine peut provoquer une importante diminution de la productivité et faire dépérir la colonie d'abeilles.
- Fréquence
- la loque américaine est présente en Belgique. Six foyers ont été identifiés en 2016 contre 16 en 2015.
- Prévention
- le risque de contamination peut être réduit de différentes manières:
- détruire toutes les ruches atteintes, empêcher les mouvements de ruches, colonies, reines dans un périmètre de 3 km autour des foyers
- nourrir uniquement avec du miel de qualité sanitaire connue
- travailler avec des colonies fortes, avec des réserves de nourriture suffisantes
- renouveler régulièrement les cadres
- utiliser uniquement du matériel dédicacé à un seul rucher, en cas d’impossibilité, nettoyer et désinfecter le matériel entre chaque rucher
- contrôler régulièrement l’absence d’anomalies au niveau du couvain
- limiter autant que possible les contacts avec d'autres colonies d'abeilles
- Que faire en cas de suspicion ?
- La loque américaine est une maladie à déclaration obligatoire. L'apiculteur qui suspecte ses colonies d'être atteintes de loque américaine, est tenu d'en faire immédiatement la déclaration à l'Unité Provinciale de Contrôle (UPC) dont dépend le rucher. L'UPC envoie alors un assistant apicole qui prélève des échantillons et les envoie au CODA-CERVA pour analyse. En cas de résultat positif, la colonie contaminée est soit détruite, soit fait l'objet d'une procédure d'essaimage artificiel. Une zone de protection d'un rayon de 3 km autour du foyer est délimitée par l’AFSCA en collaboration avec le bourgmestre. Le transport d'abeilles, de colonies et de matériel apicole est interdit dans cette zone. Il est également nécessaire que l'apiculteur stérilise (ou détruise) tout son matériel apicole (ruches, cadres, lève-cadre….). Ceci est nécessaire car l'agent de la loque peut persister durant de très longues périodes (plusieurs années!) sous forme de spore.
- L'usage d'antibiotiques contre la loque américaine est interdit
- Melissococcus Pluton (loque européenne) (Maladie à déclaration obligatoire ! )
- Agent pathogène
- La loque européenne est une maladie des abeilles causée par Melissococcus plutonius. Contrairement à l’agent causal de la loque américaine, cette bacérie ne forme pas de spores. D’autres bactéries peuvent être associées à cette maladie ; Paenibacillus alvei, Achromobacter eurydice, Brevibacillus laterosporus, et Enterococcus faecalis. La symptomatologie varie selon les bactéries associées.
- Symptômes
- la loque européenne est une maladie du couvain ouvert, les larves d'abeilles meurent 1 à 2 jours avant l'operculation
- couvain clairsemé, irrégulier, en mosaïque
- les larves enroulées, âgées de 3 à 5 jours s’avachissent, se colorent en jaune puis en brun et sont mal positionnées dans la cellule
- odeur aigre (Enterococcus faecalis) ou odeur fétide (Paenibacillus alvei)
- le contenu des cellules atteintes est de consistance visqueuse, mais pas vraiment filante (test de l'allumette négatif)
- les cellules infectées sont rarement operculées, si elles le sont, les opercules sont aplatis, en partie perforé ou manquant, de couleur sombre et souvent humides
- les larves desséchées forment une écaille noire que l’on peut facilement détacher
- Apparition
- les bactéries se développent durant la période de production du couvain. La maladie apparaît principalement au printemps et en été. Les carences en protéines favorisent l'apparition de la maladie, ces carences sont principalement dues à un mauvais temps qui empêche le butinage, ou l'absence de fleurs ou une population trop importante de varroas qui consomment l'hémolymphe des larves et des abeilles adultes.
- Infection et multiplication
- Seules les jeunes larves de 1 à 2 jours sont sensibles. Elles sont contaminées par les nourrices ou par des bactéries restées dans les cellules après le nettoyage. Les larves tombent donc très tôt malades. Melissococcus Pluton se développe dans l’intestin moyen. Les bactéries entrent en compétition avec la larve pour la nourriture. Les larves sont affamées et se contorsionnent. Les larves sont expulsées par les nourrices à cause de ce comportement. Les larves peu contaminées peuvent atteindre le stade adulte, mais elles restent de petite taille. Elle laisse dans sa cellule ses déjections infectées. Les abeilles adultes propagent la maladie en nettoyant les cellules et en nourrissant les larves.
- Propagation
- la transmission de la loque se fait par:
- le nourrissage avec du miel ou du pollen contaminé
- les abeilles (colonies, nucléi, essaims…)
- l’utilisation de matériel contaminé (lève-cadre, gants, cadres, ruches…)
- le pillage, la dérive, les abreuvoirs infectés
- la cire contaminée qui n'a pas subi de traitement thermique (minimum de 80°C durant 10 minutes)
- Dégâts
- le couvain meurt, la colonie dépérit. Lorsque les conditions climatiques sont bonnes, la maladie peut régresser
- Fréquence
- le dernier foyer de loque européenne remonte au 18/08/2009
- Prévention
- Les méthodes de prévention sont similaires à ceux celles décrites pour la loque américaine
- Que faire en cas de suspicion ?
- la loque européenne est une maladie à déclaration obligatoire. Les actions à réaliser sont les mêmes que pour la loque américaine
- l'usage d'antibiotiques contre la loque européenne est interdit
Protozoaires
- Malpighamoeba mellificae (amibiase)
- Symptômes
- Les symptômes sont fort semblables à ceux de la nosémose.
- abeilles incapables de voler
- tremblement des ailes
- abdomen gonflé
- diarrhée
- éjections jaunâtres sur la planche d’envol et dans la ruche
- odeur putride
- couvain clairsemé
- Apparition
- la maladie apparaît le plus souvent en avril et en mai
- Infection et multiplication
- l’abeille se contamine en ingérant des kystes (nourriture, eau, cellules contaminées. L’amibe éclos au niveau de l’intestin et migre jusqu’aux tubes de Malpighi où elle se multiplie. Des kystes sont produits et éliminés par les déjections.
- Propagation
- la maladie est propagée par les matières fécales. (Dérives, pillage, cadres, instruments souillés…).
- Dégâts
- Affaiblissement de la colonie.
- Fréquence
- L’agent pathogène est présent dans toutes les colonies. La maladie se développe lorsque les conditions se détériorent.
- Prévention
- Les mesures de prévention sont identiques à celles prises pour la nosémose.
- Lutte
- Elimination des colonies fortement atteintes.
Mycoses
- Nosema apis (microsporidie) (nosémose)
- Agent pathogène
- l’agent causal de la nosémose est un champignon, Noséma apis, découvert en 1907 par le biologiste allemand Enoc Zander. Ce champignon est un parasite intracellulaire strict. Il survit dans le milieu extérieur uniquement sous forme de spore (5,5 x 2,5 µm). 20 à 90 spores sont nécessaires pour infecter une abeille. Nosema ceranae parasite également nos abeilles.
- Symptômes
- abeilles affaiblies,
- abeilles rampantes incapable de voler puis de se déplacer,
- dysenteries (déjections sur la planche de vol, dans la ruche et sur les cadres),
- accumulation d'abeilles mortes à l'entrée de la ruche,
- couvain clairsemé.
- La nosémose ne provoque pas toujours de dysenterie et une dysenterie n’est pas toujours due à Nosema apis. Nosema ceranae ne provoque pas de symptômes, mais peut être responsable d'un affaiblissement des colonies.
- Diagnostic
- Test de l’intestin :
- 1. réaliser le test sur des abeilles âgées,
- 2. couper la tête de l’abeille, séparer le thorax de l’abdomen et prélever l’intestin moyen (ventricule),
- 3. en cas de nosémose, le ventricule est opaque et blanc laiteux
- 4. en cas d’abeilles saines, le ventricule est translucide et brun jaunâtre.
- 5. Écraser le ventricule, ajouter une goutte d’eau et observer les spores au microscope (agrandissement 250 à 500x).
- Des tests de laboratoire plus poussés permettent de dénombrer le nombre de spores par abeilles.
- Apparition
- La maladie apparaît surtout à la sortie de l’hiver et atteint son apogée en avril – mai. Elle peut également survenir en automne.
- Infection et multiplication
- L’abeille adulte ingère les spores qui sont acheminées avec les aliments jusqu’au ventricule. Là, les spores germent et émettent un filament polaire qui pénètre dans une cellule intestinale. Le contenu de la spore est injecté dans la cellule. Une fois dans la cellule, Noséma apis détourne le métabolisme de la cellule à son profit. Noséma se reproduit de façon intense jusqu’au moment où les réserves de la cellule commencent à manquer. A ce moment, Nosema produit deux types de spores, les spores matures, à paroi épaisse qui seront libérées vers l’extérieur avec les déjections et les spores immatures qui seront libérées dans le ventricule et iront parasiter d’autres cellules intestinales. La durée du cycle est de 48 à 60 heures (entre l’ingestion des spores et la production de nouvelles spores).
- Propagation
- Les spores matures seront libérées avec les déjections. Les abeilles se contaminent par voie orale en ingérant des spores. Elles peuvent se contaminer soit à l’extérieur de la ruche (abreuvoirs et fleurs souillées par des déjections d’abeilles malades, pillage, dérive et mâles, manipulations apicoles) soit à l’intérieur de la ruche (réserve de miel et de pollen, trophallaxie, nettoyage de cadres souillés).
- Dégâts
- Noséma apis parasite les cellules du ventricule de l’abeille. Les cellules intestinales ont comme principale fonction l’assimilation des nutriments contenus dans l’intestin. La destruction de ces cellules entraîne une diminution l’assimilation des nutriments et provoque ainsi un affaiblissement de l’abeille qui ne sait plus assurer leurs fonctions (soin au couvain, nettoyage, butinage…). La durée de vie des abeilles diminue et la mortalité des butineuses augmente fortement. Le système de défense de l’abeille est affaibli et des infections associées apparaissent. Les colonies dépérissent. La ponte des reines malades diminue.
- Fréquence
- Les spores survivent d’année en année (résistance 1 an dans le milieu extérieur). Plusieurs facteurs favorisent la nosémose : les hivers longs et pluvieux, l’hivernage sur miellats, le manque de protéines, le co-parasitisme avec le varroa.
- Prévention
- Veiller à fournir un emplacement approprié qui permette un développement optimal de la colonie (exposition, protection contre les intempéries, flore mellifère en suffisance…).
- Réunir à temps les colonies faibles.
- Sélectionner des abeilles avec une grande vitalité.
- Mettre à disposition des abreuvoirs propres.
- Fournir des compléments protéinés si nécessaire.
- Nettoyer et désinfecter régulièrement le matériel.
- Renouveler régulièrement les cadres et éliminer tout le matériel souillé.
- Traitement
- Eliminer les colonies fortement atteintes.
- Appliquer l’essaimage artificiel pour les colonies moins fortement atteintes.
- Ascosphera apis (couvain plâtré, ou calcifié)
- Symptômes
- Larves momifiées blanchâtres et parfois gris noir.
- Couvain clairsemé, en mosaïque, opercules déchirés
- Larves recouvertes d’un mycélium blanc, ou gris.
- Momies sèches crayeuses blanches ou grises facilement détachables.
- Apparition
- En période de production de couvain, surtout après une période de froid (chute brutale de la température, visite trop longue, pose des hausses trop précoce).
- Infection et multiplication
- Les spores sont ingérées par les jeunes larves. Au niveau de l’intestin, les spores germent puis développent un mycélium. Lors de la rencontre de mycéliums mâles avec les mycéliums femelles, il y a production d’un corps de fructification noir qui contient les spores. Les spores résistent 4 ans dans le milieu extérieur et 15 ans dans les larves momifiées, mais sont détruites par la refonte des cadres.
- Propagation
- Dérive et pillage des abeilles.
- Échange rayons contaminés.
- Nourrissement avec du miel et du pollen contaminé.
- Dégâts
- Affaiblissement des colonies, mais rarement perte de la colonie. La maladie peut guérir spontanément.
- Fréquence
- Assez fréquente, mais souvent limitées à quelques colonies d’un rucher.
- Il existe des spores latentes dans quasiment toutes les colonies.
- Prévention
- Remplacer la reine par une jeune sélectionnée pour sa forte ponte et sa génétique avec un caractère hygiénique.
- Sélectionner les colonies fortes.
- Améliorer l’hygiène du rucher.
- Eviter les contaminations par des cadres infectés.
- Renouveler régulièrement les cadres.
- Lutte
- Changer la reine.
- Eliminer les rayons trop infectés, les colonies trop affaiblies.
- Réaliser un essaimage artificiel.
- Déplacer les ruches si la situation n’est pas optimale, isoler les ruches du sol.
- Aspergillus flavus (couvain pétrifié)
- Symptômes
- Aspergillus flavus s’attaque aux larves et aux adultes. Les abeilles parasitées sont affaiblies, leur vol est laborieux, voire impossible. Les abeilles mortes sont enveloppées par un mycélium duveteux jaune verdâtre.
- Couvain clairsemé, en mosaïque.
- Larves momifiées de couleur verdâtre, dures et difficiles à sortir de l’alvéole.
- Spores jaune verdâtres.
- Apparition
- La maladie apparaît le plus souvent lorsque les températures sont basses et que l’air est humide. Les carences en pollen favorisent également la maladie.
- Infection et multiplication
- La maladie est transmise par les spores présentes dans les déjections.
- Propagation et prévention
- Voir ascosphérose
Acariens
- L’acariose des trachées (Acarapis Woodi) (Maladie à déclaration obligatoire ! )
- Agent pathogène
- L’acariose est une maladie de l’abeille causée par Acarapis woodi. Cet acarien est un parasite interne du système respiratoire de l’abeille. Il mesure moins de 200 µm et est donc invisible à l’œil nu. Il vit et se reproduit principalement dans la première trachée thoracique de l’abeille. Les abeilles de moins de 4 jours sont plus réceptives. Maladie importante il y a plus de vingt ans, elle a fortement diminué suite aux traitements acarides employés contre la varroase.
- Cycle
- Acarapis woodi vit dans la première trachée thoracique de l’abeille. Ce parasite se nourrit de l’hémolymphe par piqûre au travers de la trachée, aussi bien au stade larvaire qu’au stade adulte. La femelle pond ses œufs qui se collent à la paroi trachéenne. Au cours de sa vie, elle pond entre 5 et 8 œufs (parfois jusque 21). L’œuf éclos après 5 à 6 jours pour donner une larve. Les larves se nourrissent de l’hémolymphe des abeilles. La larve se transforme en nymphe puis en adulte. Six à dix jours s’écoulent entre la naissance de la larve et l’émergence de l’adulte. La nymphe se développe dans l’exuvie de la larve. La femelle est fécondée directement après son émergence. Les adultes sont hématophages. Le mâle ne migre pas, tandis que la femelle, après sa naissance, cherche un nouvel hôte. Elle est préférentiellement attirée par les abeilles âgées de moins de 4 jours. Les acariens préfèrent également les faux bourdons, en effet, leurs trachées sont plus grandes, de plus, ils permettent une meilleur dissémination des acariens. En dehors de son hôte, l’acarien ne vit que quelques heures.
- Symptômes
- Les symptômes apparaissent seulement à un stade avancé de la maladie.
- position asymétrique des ailes (ailes en k),
- incapacité de se déplacer et de voler, les abeilles traînent devant le trou de vol et devant la ruche, agrippées aux brins d’herbes
- “diarrhée” due à l’incapacité de voler
- les colonies se dépeuplent au cours de l’hiver ou au début du printemps
- asphyxie, les croûtes dues aux piqûres, les déjections et déchets des acariens finissent par obstruer la trachée.
- Lorsque les acariens prélèvent leur nourriture, ils perforent la paroi de la trachée et leurs pièces buccales provoquent des lésions au niveau des muscles des ailes. Ceci entraîne une dissymétrie des ailes et empêche les abeilles de voler et donc de réaliser leurs vols de propreté. Les abeilles déposent alors leurs excréments dans la ruche ou sur la planche d’envol. Ceci laisse croire à une diarrhée.
- Propagation
- l’infection se propage par contact direct entre abeilles adultes. Le pillage, l’essaimage, le déplacement des colonies, la dérive des faux-bourdons et des butineuses contribuent à la propagation de la maladie.
- Dégâts
- La maladie reste longtemps latente. Les colonies se dépeuplent au cours de l’hiver ou au début du printemps. Les colonies s’affaiblissent jusqu’à leur perte de la colonie.
- Fréquence
- Le dernier foyer a été déclaré en 2000. Il est probable que les traitements contre la varroase ont diminué la fréquence de la maladie.
- Prévention
- Chercher à obtenir des colonies fortes.
- Les traitements contre la varroase au thymol et à l’acide formique agissent aussi sur acarapis woodi.
- Traitement
- Si la colonie est suspectée d’être atteinte ou d’être contaminée, l’apiculteur est tenu d’en faire immédiatement la déclaration à l’Unité Provinciale de Contrôle (UPC) dont dépend le rucher. Si les échantillons s'avèrent être positifs, une zone de protection d'un rayon de 3 km autour du foyer est délimitée par l’AFSCA en collaboration avec le bourgmestre. A l'intérieur de la zone de protection, il est interdit de transporter des abeilles.
- Varroa destructor (varroase)
- Voir cours sur “la varroase 1&2”.
- Tropilaelaps (Maladie à déclaration obligatoire ! )
- Histoire
- Tropilaelaps est un acarien dont le cycle est fort proche de celui de varroa destructor. Les effets pathogènes sont également similaires à ceux de varroa. Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire. Cette maladie n’est pas présente en Europe. Tropilaelaps mesure environ 1 mm x 0.5 mm. Il est plus long que large et se déplace assez vite sur les cadres de couvain. Il est plus petit que Varroa destructor. Varroa, plus large que long, a une forme de crabe et se déplace lentement. Tropilaelaps se nourrit exclusivement sur le couvain. Les acariens ne peuvent pas se nourrir sur l’abeille adulte, car ils sont incapables de percer sa cuticule. Ainsi, les expériences montrent qu’ils ne peuvent pas survivre plus de neuf jours sans couvain d’abeille à la température de la colonie.
- Symptômes
- Identiques à ceux de Varroa.
- Identification
- Examen régulier des débris du plancher.
- Examen des nymphes après désoperculation.
- Utilisation d’acaricides.
- Propagation
- La dissémination se fait par le biais des abeilles adultes, durant la phase phorétique des acariens
- Traitement
- Identiques à ceux de Varroa.
- La maladie doit être déclarée aux autorités compétentes !
Insectes
- Les fausses teignes : Galleria mellonella et Achorea grisella
- Agent pathogène
- Deux espèces de papillon peuvent parasiter les ruches, Galleria mellonnella appelée communément la grande fausse teigne et Achroea grisella ou petite fausse teigne.
- Symptômes
- Au début de l’infestation, le seul signe visible est la présence d’un fin réseau de soie à la surface de quelques opercules. Par après, des galeries ainsi qu’un réseau de soie plus dense apparaissent sur les cadres. Les œufs, chenilles et chrysalides de ces papillons sont également observables au niveau des cadres. Parfois, on peut voir un bourrelet de cire autour des cellules qui ne sont pas operculées (couvain tubulaire ou couvain chauve). Les larves du papillon creusent une galerie à la base des cellules, ceci limite l'espace disponible pour les larves d'abeilles qui se retrouvent en position haute et ne sont donc plus operculées.
- Apparition
- Ce parasite apparaît dans les ruches affaiblies. Les cadres mis en réserve peuvent également être envahi.
- Infection et multiplication
- Le papillon adulte pond ses œufs dans les anfractuosités de la ruche. Après 5 à 16 jours selon la température de la ruche, les œufs éclosent. Les larves se nourrissent de la cire, du pollen, du miel et des résidus de cocons se trouvant sur les cadres. Elles creusent des galeries et tissent un réseau de soie afin de se protéger des ouvrières. Après 8 à 10 mues, la larve réalise sa dernière mue dans son cocon avant de devenir un papillon adulte. Les femelles papillons iront se faire féconder à l’extérieur de la ruche avant d’y revenir pour pondre.
- Propagation et dégâts
- La fausse-teigne se propage aux colonies faibles, elle précipite la perte des colonies faibles.
- La fausse teigne peut également propager différentes maladies comme la loque américaine, européenne, la varroase.
- Fréquence
- Les fausses-teignes sont des parasites très fréquents. Il est nécessaire de surveiller les cadres lorsqu’ils sont remisés pour l’hiver.
- Lutte contre la fausse teigne
- Stocker les hausses et les cadres bâtis dans un endroit ventilé, à l’abri de l’humidité.
- Congeler les cadres infestés (4 heures à -15°C)
- Traiter aux vapeurs de souffre.
- Aethina tumida (petit coléoptère de la ruche) (Maladie à déclaration obligatoire ! )
- Agent causal
- Aethina tumida est un scarabée de petite taille, 5 à 7 mm de long et 3 à 5 mm de large (1/3 d’une abeille) de couleur noir à l’âge adulte. La femelle pond des œufs fécondés en grappe dans les fissures du bois de la ruche ou dans les cellules du couvain.. Une femelle peut pondre 1000 à 2000 œufs durant sa vie. L’œuf éclot après 3 jours pour donner une larve de couleur blanc crème. Celle-ci est omnivore, elle se nourrit de couvain, de miel et de pain d'abeille. Lorsque les conditions de température sont bonnes, le stade larvaire dure de 10 à 16 jours. Arrivées à maturité, les larves sortent de la ruche et s’enfonce dans le sol à une profondeur de 1 à 30 cm et à moins de 20 mètres de la ruche. Là, elles réalisent leur métamorphose qui durera 15 à 60 jours. Les adultes émergent et ont une grande activité à l'extérieur des ruches et peuvent voler plus de 10 km pour infester une nouvelle colonie. Ils deviennent de plus en plus sensible à la lumière. La femelle commence sa ponte une semaine après son émergence. Les adultes peuvent vivre plus de 5 mois.
- Symptômes
- larves et adultes au niveau des cadres,
- effondrement de la colonie,
- forte odeur : miel qui fermente.
- Propagation
- La propagation se fait par :
- les cadres,
- la cire,
- les fruits,
- le sol,
- le vol des adultes sur des distances parfois de plus de 10 km.
- Prévention et lutte
- Une fois établi, le petit coléoptère des ruches ne peut être éradiqué que très difficilement, et ce d’autant plus qu’il peut se reproduire et survivre ailleurs que dans des ruches (réserves de fruits, notamment les pommes fraîches ou pourries).
1)
L'acide désoxyribonucléique, ou ADN, est une macromolécule biologique présente dans presque toutes les cellules ainsi que chez de nombreux virus. L'ADN contient toute l'information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants.
2)
L'acide ribonucléique ou ARN est un acide nucléique présent chez pratiquement tous les êtres vivants, et aussi chez certains virus. L'ARN est très proche chimiquement de l'ADN et il est d'ailleurs en général synthétisé dans les cellules à partir d'un segment d'ADN matrice dont il est une copie. Les ARN messagers (ou ARNm) sont comme ces copies, des molécules chargées de transmettre l'information codée dans notre précieux génome, pour permettre la synthèse des protéines nécessaires au fonctionnement de nos cellules
3)
Reproduction asexuée par simple division de l'organisme.
4)
organisme dont le noyau cellulaire est séparé du cytoplasme par une membrane
5)
Propriété que possèdent certains protozoaires et certaines cellules (phagocytes) de capturer et d'ingérer des corps figurés (particules ou micro-organismes
6)
parasite unicellulaire qui affecte les organes excréteurs des abeilles adultes, provoquant la maladie contagieuse appelée amibiase, qui conduit finalement à la mort de l'hôte. Les abeilles ouvrières sont les plus susceptibles d'être infectées.
7)
Qui se nourrit de substances organiques, ne peut effectuer lui-même la synthèse de ses éléments constituants (opposé à autotrophe
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